Pottier 180 : un chantier pédagogique pour transmettre la passion de l’aéronautique
Mardi 18 mars 2026, les locaux de l’Aéroclub Marcillac Estuaire (ACME) ont pris des airs d’atelier professionnel. Sept jeunes, clé à molette en main, ont participé à la dépose du moteur Continental d’un Pottier 180S. Encadrés par des mécaniciens expérimentés et des représentants du Réseau du Sport de l’Air (RSA), ces collégiens et lycéens ont vécu une journée concrète, loin des manuels scolaires. Retour sur la première étape d’un projet qui pourrait bien en inspirer d’autres.
Un avion confié à l’aéroclub dans un but pédagogique
L’histoire de ce Pottier 180 commence par un geste généreux. Après le décès de son propriétaire, la famille a souhaité que l’appareil serve à quelque chose d’utile, en particulier auprès de jeunes intéressés par l’aéronautique. L’avion a donc été confié à l’ACME, avec une consigne simple : qu’il soit utilisé à des fins pédagogiques.
Le temps a passé. Le Pottier stationnait dans les locaux du club sans que son avenir ne soit clairement tranché. Puis le contact a été établi avec Jean-Louis Abou, responsable du BIA au sein de la Fédération RSA et initiateur du programme des Cadets du RSA. Une collaboration s’est dessinée. L’idée : transformer cet avion en support de formation pratique, en commençant par la dépose du moteur.
Le Pottier 180S : un biplace de construction amateur
Pour ceux qui ne connaissent pas la machine, le Pottier P-180S est un avion biplace de tourisme, monoplan à aile basse, conçu par l’ingénieur Jean Pottier. Il fait partie d’une famille d’appareils pensés pour la construction amateur, en aluminium riveté. Des centaines de P-180 ont été construits par des passionnés à travers la France, chacun avec ses particularités liées au savoir-faire de son constructeur.
Celui de l’ACME est motorisé par un Continental C90 de 90 chevaux, considéré comme la motorisation de référence pour ce type de cellule. C’est un avion qui a du caractère : relativement lourd pour sa catégorie, il demande une bonne connaissance de ses réactions en vol, notamment en approche et à l’atterrissage. Les pilotes expérimentés le savent : sur un P-180 construit par un amateur, il faut maintenir les gaz un peu plus haut qu’à l’habitude, car la finesse n’est pas son point fort. En cas de panne moteur, la marge de manœuvre est réduite.
Autrement dit, c’est un appareil qui ne s’improvise pas. Mais pour un chantier de mécanique, c’est un support idéal : un vrai moteur à pistons, une cellule métallique, des circuits à inspecter. De quoi mettre les mains dans le concret.
18 mars 2026 : jour de dépose moteur
Pourquoi cette date ? Deux raisons. D’abord, il fallait provoquer une décision : le Pottier occupait de l’espace depuis trop longtemps sans qu’un plan d’action soit lancé. Ensuite, le calendrier s’y prêtait : après le succès du Challenge BIA Tour, plusieurs jeunes motivés avaient exprimé leur envie de s’impliquer dans un projet concret, au-delà des cours théoriques.
La journée a été encadrée par Michel Gargoullaud, chargé de superviser les opérations de mécanique, aux côtés de Jean-Louis Abou du RSA et de Géry Marchand, président de l’ACAA (Association de Constructeurs Amateurs d’Aéronefs). Des membres de l’ACME étaient également présents pour accompagner les opérations. Chaty Munier, du journal Le Haute Gironde, couvrait l’événement.
Résultat de la journée : le moteur Continental a été déposé avec succès. Un travail d’équipe, mené dans les règles, sous le regard attentif d’encadrants qui connaissent la mécanique aéronautique sur le bout des doigts.
Sept jeunes au coeur du chantier
Ce qui donne tout son sens à cette opération, ce sont les jeunes qui y ont participé. Pas des spectateurs : des acteurs, les mains dans le cambouis.
Trois collégiens du collège de Marsas
Trois garçons de 3ème, tous titulaires du BIA 2025, disponibles les mercredis après-midi et motivés par une future orientation en mécanique aéronautique, civile ou militaire :
- Ethan Pourny – BIA 2025 mention Bien, en cours de pilotage
- Thom Lain – BIA 2025 mention Assez Bien, en cours de pilotage
- Jules Scandola – BIA 2025 mention Bien
Trois lycéennes en bac pro aéronautique
Depuis le 16 mars, l’aéroclub accueille trois jeunes filles scolarisées au Lycée Flora Tristan de Latresne, sur le site de l’Aérocampus Aquitaine. Élèves en seconde bac pro aéronautique, elles seront présentes pendant trois semaines jusqu’aux vacances d’avril, puis à nouveau en juin :
- Saphira Tias – BIA 2024 mention Assez Bien, en cours de pilotage
- Clémence Berlinger – BIA 2025 mention Assez Bien
- Éloane Monney – candidate au BIA cette année
Une stagiaire en découverte
Mélie Elbling, élève de 3ème, était également de la partie dans le cadre d’un stage découverte demandé par son collège. Titulaire du BIA 2025, elle suit aussi les cours de pilotage. Trois jours d’immersion pour confirmer une vocation qui semble déjà bien ancrée.
Le point commun de tous ces jeunes : le BIA. Ce brevet, passé au collège ou au lycée, leur a donné une première culture aéronautique solide. Le chantier du Pottier 180 leur offre maintenant l’occasion de toucher la mécanique du doigt, avec un vrai avion, dans un vrai atelier.
Les Cadets du RSA : un programme pour les jeunes constructeurs
Ce chantier s’inscrit dans l’esprit du programme Cadets du RSA, porté par la Fédération RSA (Réseau du Sport de l’Air). Le principe : offrir aux jeunes de 15 à 25 ans passionnés par la construction ou la restauration d’aéronefs un cadre structuré pour apprendre et progresser.
Concrètement, le programme donne accès à un réseau de mentors – des constructeurs amateurs expérimentés qui transmettent leur savoir-faire. Les jeunes bénéficient d’ateliers partagés pour apprendre la mécanique, l’entoilage, le rivetage. L’objectif à terme : les accompagner vers leur propre projet de vol, qu’il s’agisse de restaurer un appareil existant ou d’en construire un de A à Z.
À l’ACME, la démarche est la même : apprendre en faisant, sous la supervision de professionnels. Le Pottier 180 devient un outil pédagogique vivant, bien plus parlant qu’une planche anatomique d’avion dans un manuel.
Des jeunes porteurs d’avenir
Au-delà de la mécanique, ce chantier porte un message. Ces sept jeunes, filles et garçons, ont choisi de consacrer du temps libre à un projet aéronautique. Certains envisagent une carrière de mécanicien aéronautique. D’autres apprennent déjà à piloter. Tous ont en commun le BIA, cette porte d’entrée vers le monde de l’aviation qui leur a donné le goût d’aller plus loin.
Un chantier comme celui du Pottier 180, aussi modeste soit-il en apparence, peut ouvrir la voie à des projets plus ambitieux. Restaurer un avion, participer à sa construction, comprendre comment une machine vole en la démontant pièce par pièce : voilà ce que l’aéroclub peut offrir à la jeunesse du territoire.
L’ACME remercie la famille du propriétaire pour la confiance accordée, le RSA et l’ACAA pour leur soutien, ainsi que tous les bénévoles qui rendent ce type de projet possible. La suite au prochain épisode – après la réunion du Conseil d’Administration.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un Pottier 180 ?
Le Pottier P-180S est un avion biplace de tourisme à aile basse, conçu par l’ingénieur Jean Pottier pour la construction amateur. Réalisé en aluminium riveté, il est généralement motorisé par un Continental de 90 à 100 CV. Chaque exemplaire est unique, construit à la main par son propriétaire selon les plans officiels.
Que sont les Cadets du RSA ?
C’est un programme de la Fédération RSA (Réseau du Sport de l’Air) destiné aux jeunes de 15 à 25 ans. Il leur permet d’accéder à des ateliers partagés, d’être accompagnés par des mentors expérimentés et de participer à des projets concrets de construction ou de restauration d’aéronefs.
Faut-il le BIA pour participer à ce type de chantier ?
Le BIA (Brevet d’Initiation Aéronautique) n’est pas obligatoire, mais il constitue un atout sérieux. Il atteste d’un socle de connaissances en aéronautique et témoigne d’une motivation réelle. La plupart des jeunes impliqués dans le chantier du Pottier 180 sont titulaires du BIA.
Le Pottier 180 va-t-il revoler ?
C’est l’une des questions en suspens. Après la dépose du moteur, le Conseil d’Administration de l’ACME se réunira pour décider de la suite. Chaque option sera étudiée en fonction du coût, de la faisabilité et de l’intérêt pédagogique.
Comment rejoindre l’Aéroclub Marcillac Estuaire ?
L’ACME accueille les passionnés d’aviation de tous âges, que ce soit pour le pilotage, la mécanique ou simplement la découverte du monde aéronautique. Les informations de contact sont disponibles sur notre site aeroclubmarcillacestuaire.fr.












































































